L’IA menace l’emploi des figurants à Hollywood : un débat brûlant à l’approche des Oscars
Hollywood est en effervescence. À la veille de la grande soirée des Oscars, une autre compétition, plus discrète mais tout aussi âpre, se joue dans les coulisses de l’industrie cinématographique. L’intelligence artificielle, autrefois simple outil de production, s’immisce désormais dans des rôles cruciaux, menaçant directement le gagne-pain de milliers de figurants. Des acteurs chevronnés aux nouveaux venus, tous s’interrogent sur l’avenir du septième art face à cette révolution technologique.
L’argumentaire économique et ses détracteurs
Kevin O’Leary, homme d’affaires québécois et désormais acteur, qui fait une entrée remarquée dans le film “Marty Supreme” de Josh Safdie, a mis le doigt sur un problème majeur. Il souligne que pour meubler les décors de scènes complexes, où des centaines de figurants sont nécessaires pour donner vie à l’arrière-plan, l’IA pourrait s’avérer une solution plus économique. “Pourquoi ne pas simplement les remplacer par des agents IA ?”, s’interroge-t-il, estimant qu’un réalisateur pourrait ainsi réduire considérablement ses coûts de production, passant de 90 millions à seulement 35 millions de dollars pour deux films. Une proposition qui, si elle fait sens d’un point de vue purement financier, soulève de vives inquiétudes parmi les professionnels du cinéma.
Une coalition pour défendre le “facteur humain”
Face à cette menace grandissante, une résistance s’organise. Joseph Gordon-Levitt, acteur reconnu, aux côtés d’autres figures emblématiques du cinéma comme le réalisateur Daniel Kwan et l’actrice Natasha Lyonne, a cofondé la “Creators Coalition on AI”. Cette initiative vise à “fédérer toutes les énergies pour défendre le facteur humain dans le processus créatif”. L’objectif est clair : sensibiliser l’industrie aux implications éthiques et professionnelles de l’intégration massive de l’IA, et trouver des moyens de concilier innovation technologique et préservation de l’emploi artistique. Le débat est loin d’être clos, et les décisions prises aujourd’hui façonneront sans aucun doute le paysage cinématographique de demain.
📰 Source: Le Monde Tech