Les déboires de Huawei en Europe : la justice pourrait confirmer son bannissement des réseaux 5G
L’équipementier télécoms chinois Huawei pourrait bien être définitivement écarté des réseaux de communication européens. Dans des conclusions rendues ce jeudi 19 mars 2026, l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), Tamara Capeta, a estimé que les États membres avaient le droit d’exclure des fournisseurs représentant un risque pour la sécurité nationale, quelle que soit la technologie mobile concernée. Une opinion qui, si elle est suivie par la Cour, marquerait un coup dur pour le géant chinois et conforterait la position de nombreux pays européens déjà méfiants.
Une affaire née en Estonie
Tout a commencé en Estonie, lorsque la société de télécommunications Elisa Eesti AS a souhaité déployer du matériel Huawei dans ses réseaux 2G, 3G, 4G et 5G. Les autorités estoniennes ont refusé cette autorisation, invoquant un risque élevé pour la sécurité nationale. Ce refus a conduit à une saisine de la justice, qui a finalement transmis une question préjudicielle à la CJUE. L’avis de l’avocate générale, bien que consultatif, donne un sérieux indice sur la direction que pourrait prendre la décision finale de la Cour, attendue dans un arrêt spécifique. Si l’avis est suivi, la demande d’Elisa Eesti semble vouée à l’échec, consolidant ainsi les restrictions déjà mises en place par d’autres pays membres.
Des implications financières et stratégiques majeures
Cette décision potentielle a des répercussions importantes. D’une part, elle pourrait mettre fin aux espoirs de Huawei et des opérateurs télécoms qui utilisaient son matériel de recevoir une compensation financière. Selon l’avocate générale, l’exclusion d’un fournisseur pour des raisons de sécurité ne constitue pas une privation de propriété, mais une simple restriction d’usage qui n’ouvre pas droit à indemnisation, sauf dans des cas de disproportion flagrante de la charge financière imposée. D’autre part, cela renforce la stratégie de nombreux pays occidentaux, dont la France avec sa loi de 2019 qualifiée d’”anti-Huawei”, qui cherchent à sécuriser leurs infrastructures critiques face aux soupçons de liens entre l’entreprise et le gouvernement chinois. L’avis rappelle toutefois la nécessité de proportionnalité et d’un examen au cas par cas pour les mesures prises par les États membres, afin de garantir le respect du droit de l’Union.
📰 Source: Numerama