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L’Arabie saoudite poursuit sa stratégie dans le jeu vidéo avec un nouvel investissement chez Capcom

hooulra
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L’Arabie saoudite s’offre un nouveau joyau dans l’univers vidéoludique : Capcom sous son aile.

Le royaume saoudien accentue sa stratégie d’infiltration dans l’industrie du jeu vidéo. Après avoir déjà manifesté son intérêt pour l’éditeur japonais Capcom, l’Arabie saoudite, par le biais de sa filiale Electronic Gaming Development Company (EGDC), a récemment annoncé avoir acquis une participation supplémentaire de 5,03 % dans le capital du groupe. L’EGDC, elle-même une émanation de la Fondation Mohammed Ben Salman (MisK), étroitement liée au prince héritier, précise qu’il s’agit d’une démarche purement spéculative et d’investissement. Cette nouvelle prise de contrôle s’inscrit dans la volonté affichée de Riyad de diversifier son économie, bien au-delà des hydrocarbures.

Un appétit vorace pour les géants du divertissement interactif

Cette opération n’est qu’un nouvel épisode dans la politique d’acquisition menée tambour battant par le Fonds d’investissement public (PIF) saoudien. Le PIF a déjà tissé sa toile en prenant des participations minoritaires dans des éditeurs japonais et occidentaux incontournables. Nintendo, Square Enix, Bandai Namco, NCsoft, Take-Two, ou encore Koei Tecmo ont vu le drapeau saoudien flotter discrètement dans leur actionnariat. Dès 2022, l’intérêt pour Capcom était palpable avec un premier achat de 5 % des parts. Ces investissements ont été consolidés sous la houlette de Savvy Games Group dès 2026, témoignant d’une accélération spectaculaire en 2025 avec des transactions de grande envergure. Le rachat de la division jeu vidéo de Niantic, créateur de Pokémon Go, pour 3,5 milliards de dollars via sa filiale Scopely, suivi de l’acquisition monumentale d’Electronic Arts (GTA, The Sims) aux côtés de fonds américains, démontrent l’ampleur de l’ambition saoudienne.

L’e-sport, un autre terrain de conquête

Au-delà des éditeurs, l’Arabie saoudite s’est également positionnée massivement sur le marché florissant de l’e-sport, le jeu vidéo compétitif. L’organisation à Riyad de l’”Esports World Cup” depuis 2024, une compétition d’envergure mondiale, souligne cette stratégie. L’investissement chez Capcom, un studio reconnu pour la longévité de ses licences iconiques comme Resident Evil, Street Fighter, ou Monster Hunter, dont le dernier opus, Resident Evil : Requiem, a connu un succès retentissant avec plus de six millions d’exemplaires vendus depuis sa sortie, confirme la volonté de Riyad de s’approprier une part significative de l’écosystème du jeu vidéo, des créateurs aux plateformes de diffusion et aux événements compétitifs. Le royaume ne se contente plus d’acheter, il structure et façonne le futur de cette industrie en pleine expansion.


📰 Source: Le Monde Tech