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IA en entreprise : entre promesses d’efficacité et angoisses de remplacement, le monde du travail sous haute tension

hooulra
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L’intelligence artificielle s’immisce à pas de géant dans le paysage professionnel français, semant à la fois des graines d’optimisme quant à l’efficacité accrue et des inquiétudes profondes quant à l’avenir des emplois. Alors que les entreprises tentent de rassurer en baptisant leurs assistants virtuels de prénoms familiers, comme “Emma” chez Mondial Assistance, la question de savoir qui sera “augmenté” et qui sera “remplacé” plane. La technologie, encore balbutiante, remodèle déjà les tâches et interroge sur les conséquences à moyen terme.

L’IA, un outil au service de l’humain… ou son concurrent ?

Chez Mondial Assistance, branche de l’assureur Allianz, le recours à l’IA vise à alléger la charge de travail des conseillers. “Le rôle des conseillers va évoluer”, assure Lydie Hippon-Darde, directrice générale, soulignant que l’IA ne possède pas l’empathie humaine, essentielle dans les situations complexes. Pourtant, le ressenti des salariés est plus nuancé. “Quand vous appelez, le robot répond automatiquement”, témoigne Sandrine (prénom modifié), employée de la plateforme d’assistance du Mans. Si l’IA gère seule le remorquage, l’opératrice humaine n’intervient que lorsque le système atteint ses limites. Cette autonomisation croissante de l’IA alimente la crainte d’une obsolescence des postes : “Je crains d’être remplacée quand le robot sera bien au point”, confie-t-elle.

Un avenir incertain, cinq ans pour tout changer

Face à cette transformation, l’entreprise a mis en place un accord d’entreprise visant à “accompagner” l’introduction des outils d’IA, en travaillant sur les mobilités et en garantissant des transitions professionnelles sécurisées. Près de 350 à 450 postes sur les 2 000 de la société pourraient être impactés par les orientations stratégiques prévues pour 2025. Si la direction promet un reclassement, les employés restent sceptiques. “On n’est pas contre le progrès, mais l’IA va tellement vite qu’on ne sait pas ce qu’on sera devenu dans cinq ans”, s’inquiète Sandrine, résumant l’angoisse générale face à un avenir professionnel dont les contours s’estompent à mesure que la technologie progresse. La capacité des entreprises à gérer cette transition, tout en préservant le capital humain, sera la clé pour naviguer dans cette nouvelle ère.


📰 Source: Le Monde Tech