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L’IA, nouvelle menace sur les cols blancs : le tertiaire sous pression

hooulra
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Et si l’intelligence artificielle ne se contentait plus de révolutionner nos écrans mais commençait à tailler dans le vif de nos emplois ? L’annonce récente de Jack Dorsey, le cofondateur de Twitter et patron de Block, d’une coupe frôlant les 40% de ses effectifs, soit plus de 4 000 postes, sonne comme un avertissement solennel. L’explication ? L’IA. « Une équipe plus petite peut faire davantage et mieux », a-t-il déclaré, sans que l’entreprise ne se dise en difficulté. Une stratégie qui, loin de plomber le moral des investisseurs, a fait bondir l’action Block de 20%. Le message est clair : l’ère de l’automatisation s’étend désormais bien au-delà des usines, frappant de plein fouet le secteur tertiaire, ce pilier de l’économie post-industrielle.

Le tertiaire, ce mastodonte fragilisé

Depuis des décennies, la France a parié sur le tertiaire pour compenser la désindustrialisation. L’équation était simple : moins d’emplois dans les usines, plus dans les services. Ce mouvement de “tertiairisation” a permis une croissance constante du nombre total d’emplois, passant de 22,1 millions en 1975 à près de 27,7 millions en 2025. Une tendance de fond qui semblait inébranlable. Mais aujourd’hui, cette équation se fissure. L’émergence de l’IA amorce un nouveau phénomène, une “détertiarisation” qui voit des pans entiers de ce secteur clé se standardiser, se compresser et, paradoxalement, perdre des emplois, tout comme l’industrie a vu ses usines fermer autrefois. Ce n’est pas la disparition des services, mais leur transformation radicale.

Une lame de fond aux conséquences inédites

L’ampleur du phénomène est d’autant plus préoccupante que le secteur tertiaire représente aujourd’hui près de la moitié des emplois dans le secteur privé marchand. Commerce, finance, services aux entreprises et aux particuliers, communication… ces domaines, qui emploient plus de 13,2 millions de personnes fin 2025 selon l’Insee, sont désormais directement exposés à une vague de licenciements ciblés, de baisses d’embauches et de réorganisations profondes. Si la désindustrialisation à son pic en 1975 ne concernait “que” 5,9 millions d’emplois, l’impact potentiel de cette transformation dans le tertiaire pourrait avoir des répercussions économiques et sociales d’une tout autre magnitude. L’optimisation portée par l’IA promet une efficacité accrue, mais pose la question cruciale de l’avenir des compétences humaines dans un monde où la machine apprend à penser, et à faire, mieux que nous.


📰 Source: Le Monde Tech