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Sahara occidental: des sénateurs américains veulent faire classer le Polisario comme «organisation terroriste»

hooulra
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Sahara Occidental : Le Polisario dans le viseur des sénateurs américains, l’Algérie s’inquiète

Une initiative audacieuse venue de Washington pourrait bien secouer l’échiquier diplomatique du Sahara Occidental. Trois influents sénateurs républicains américains ont officiellement déposé un projet de loi visant à désigner le Front Polisario comme une “organisation terroriste”. Cette manœuvre, loin d’être anodine, soulève déjà des réactions vives, notamment en Algérie, principal soutien du mouvement indépendantiste sahraoui.

Une accusation d’influence iranienne

Les sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, figures de proue du parti républicain, ont officiellement saisi le Congrès américain. Leur argument principal ? Des liens présumés entre le Front Polisario et l’Iran. Dans un communiqué commun, ils affirment que Téhéran chercherait à “transformer le Front Polisario en Houthis d’Afrique de l’Ouest”, dans le but de “saper la sécurité nationale des États-Unis et de ses alliés”. Le Polisario est ainsi qualifié d’”organisation terroriste qui soutient ouvertement l’Iran”, et les sénateurs de rappeler la politique américaine : “les États-Unis ne négocient pas avec les terroristes”. Il est important de souligner que le pouvoir décisionnel ne repose pas directement sur le Congrès dans ce cas précis. C’est au Secrétaire d’État américain, le chef de la diplomatie, qu’il reviendra de confirmer ces liens avec des groupes iraniens pour que la désignation soit effective.

L’Algérie sous pression ?

Cette initiative intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu, marqué par des rencontres récentes à Washington et Madrid impliquant le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. L’administration américaine chercherait activement à accélérer un accord sur le dossier du Sahara Occidental. L’Algérie, qui soutient fermement le Polisario dans sa lutte pour l’autodétermination, observe cette démarche avec une inquiétude palpable. Si le gouvernement algérien n’a pas encore réagi officiellement, les analyses circulent. L’ancien diplomate et ministre algérien Abdelaziz Rahebi a, sur la plateforme X, dénoncé ces pressions, y voyant une tentative de “dépouiller le dossier du Sahara occidental de son caractère diplomatique” et de le présenter comme une menace sécuritaire. Une telle désignation, estime-t-il, mènerait inévitablement à associer l’Algérie à un “pays soutenant le terrorisme”, compte tenu de son rôle de principal bailleur de fonds et de soutien politique au Polisario.

L’enjeu est colossal. Au-delà de la simple désignation d’une organisation, il s’agit potentiellement de redéfinir le conflit du Sahara Occidental, territoire dont le statut est toujours en suspens selon l’ONU. Cette manœuvre américaine, si elle aboutit, pourrait considérablement compliquer les négociations et accentuer la pression sur Alger, redessinant ainsi les contours de la géopolitique régionale et les alliances qui en découlent.


📰 Source: RFI